conscience vraie

Le HARCÈLEMENT MORAL et la MANIPULATION

Réflexion sur La PERVERSITÉ du SYSTÈME

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1 - Introduction

2 - Réflexions sur la perversité du Système, la médiation et ses risques

a) Faire passer la victime pour paranoïaque : pratique des harceleurs mais aussi du système

b) Le Système et les méthodes de manipulation

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1 - Introduction

J'ai choisis pour cette approche du harcèlement moral de partir du travail réalisé par Marie-France Hirigoyen, psychiatre, qui constitue une bonne base de réflexion.

MF Hirigoyen avait publié un premier livre qui avait fait beaucoup de bruit : Le Harcèlement Moral, la violence perverse au quotidien. Dans ce livre, elle analysait les violences insidieuses du harcèlement psychologique à partir de nombreux témoignages aussi bien dans la sphère personnelle que professionnelle des personnes. Elle a mis en avant ces armes de la persécution : un simple mot, un regard, un sous-entendu, qui suffisent au quotidien à briser un couple, ruiner une carrière professionnelle, détruire une vie.

Dans ce deuxième livre "Le Harcèlement moral dans la vie professionnelle / Démêler le vrai du faux" elle centre son analyse sur le monde du travail en visant de discerner sur ce qui est vraiment du harcèlement moral et ce qui n'en est pas, dans un contexte où les rôles de victimes et d'agresseur peuvent parfois être imbriqués. MF Hirigoyen fait le point sur les solutions pouvant être apportées de façon corrective notamment par la médiation, ainsi que des propositions pour le préventif.

Le sujet est traité en tenant vraiment compte de sa complexité et de celui du contexte qu'est le monde de l'entreprise et des méthodes de management. Cependant, j'ai décelé quelques ambiguïtés et non-dits pouvant être trop facilement utilisés contre les victimes.

MF Hirigoyen énumère et décrit les différentes formes de harcèlement moral qu'elle a identifiées, aussi bien au niveau d'une personne, d'un groupe que du système que représente l'entreprise. Cependant, au-delà de l'entreprise, le système c'est la société et les réseaux, et bien que MF Hirigoyen les évoque, elle ne les analyse pas vraiment et omet de signaler certaines pratiques ; et notamment à quel point certains agresseurs seront protégés, et jusqu'où ses victimes peuvent être harcelées.

>>> Notes et remarques sur le livre de Marie-France Hirigoyen (précisions sur le harcèlement moral)

2 - Réflexions sur la perversité du système, la médiation et ses risques

a) Faire passer la victime pour paranoïaque : pratique des harceleurs mais aussi de certains intervenants censés défendre les victimes

Il faut rappeler à quel point le fait de la possibilité qu'une personne soit paranoïaque est un point critique dans une analyse de cas de harcèlement, puisque que cela constitue la défense systématique de l'agresseur qui accuse sa cible quand il est pointé du doigt. L'enjeu est de taille et il est important de bien peser les risques de manipulation par différents acteurs et intervenants pour stigmatiser encore plus les personnes qui subissent ces violences.

Dans les cas de harcèlement stratégique sophistiqué, la pratique consistant à faire passer la personne ciblée pour malade mentale est complètement délibérée, et la méthode de harcèlement qu'elle va subir va être complètement préméditée de façon à anticiper et programmer cette issue.

C'est à dire que la forme de persécution qui va être infligée à la cible correspondra à s'y méprendre aux perceptions qu'auraient un paranoïaque. Des situations absurdes, agressives, folles, vont êtres créées de toutes pièces et les rôles vont être distribués aux différents acteurs dans ce sens. Donc tout ce que la personne va verbaliser sera utilisé contre elle, et il sera possible de diagnostiquer une pathologie.

Dans les cas les plus complexes, si la personne est harcelée par un agresseur faisant partie d'un réseau puissant, le périmètre de l'emprise peu vraiment dépasser l'imagination. Cette personne pourra effectivement être mise sous surveillance jusque dans sa vie privée, si on veut être sur qu'elle ne puisse pas sortir la tête de l'eau et ne pas parler.

Surveiller permet d'une part, d'avoir toujours plus d'informations permettant de maintenir et développer le piège autour d'elle, d'augmenter la pression, de l'affoler encore plus, et d'autre part de maintenir en permanence une épée de Damoclès au-dessus de sa tête. Car elle sait très bien que si elle exprime ce qu'elle subi : le fait qu'on la mette à l'écart, que les gens ont des propos ambigus à son égard et font des insinuations, qu'elle est persécutée, elle ne sera pas crédible. Mais si en plus elle ajoute qu'elle est surveillée, elle sait qu'on risque de la prendre (de la faire passer) pour quelqu'un qui délire. Mais justement, c'est parce qu'elle est saine d'esprit qu'elle perçoit toute la folie de la situation, ce qui est extrêmement anxiogène.

Cette anxiété, ajouté au stress dû à l'état d'hypervigilence dans lequel la personne se trouve par nécessité pour assurer sa survie, peut en plus entraîner des troubles. Ces troubles, même s'ils sont dus à la situation de harcèlement, seront pointés du doigt par l'agresseur (ou des complices) pour accrédités la thèse que cette personne est perturbée, paranoïaque. C'est le piège parfait.

A ce stade la personne ciblée va donc "avoir le choix", dans cette situation de non-choix, entre se "libérer" et verbaliser ce qu'elle sait être vrai (après tout un processus de prise de conscience et de compréhension) - ce qui veux dire prendre un risque - ou subir la pression c'est à dire se soumettre et s'autodétruire d'une manière ou d'une autre.

Dans une telle situation la victime va être la cible de pressions de plus en plus énormes pouvant se terminer : par un suicide, différentes formes d'inhibition, l'apparition de pathologies qui pour le coup deviendront réelles, une attitude de déni de soi-même en oubliant la réalité de la situation ce qui tue à petit feu... ou alors elle trouvera le courage de se battre, de dire l'indicible, d'essayer de faire reconnaître la situation, de faire sanctionner le/les agresseurs et obtenir un dédommagement, ce qui constitue la seule vraie solution mais qui n'effacera jamais ce qu'elle a vécu.

Ce qu'il faut bien savoir, et MF Hirigoyen n'en parle pas dans son livre, c'est que si ces processus de harcèlement stratégique sont si performants, si pervers à l'extrême, c'est qu'ils sont mis au point par des professionnels de la psychologie, qui sont payés pour manipuler, pour livrer le mode d'emploi.

Les connaissances déployées en psychologie et en psychiatrie servent aussi à cela, à alimenter le pouvoir. Les professionnels de la psychologie et de la psychiatrie se trouvent donc en amont du processus de harcèlement stratégique et en aval si l'on fait appel à eux pour trouver une solution au problème.

Dans ce cas Ils sont en quelque sorte juge et partie puisque ils appartiennent au même groupe professionnel qui fonctionne en réseau (c'est également le cas pour d'autres intervenants) ; et ce, en plus de pouvoir être proches d'autres réseaux transversaux.

La question de l'indépendance de l'intervenant médiateur est un problème délicat.

En fait, ces abus sont possibles car l'entreprise se situe à la croisée des réseaux des domaines économique, éducatif, social et médical, de la recherche et des réseaux politiques.

Les méthodes de management et de contrôle politique ont beaucoup de points en commun avec celles pratiquées dans les sectes. Mais dans ce cas elles ne sont pas sanctionnées, bien au contraire, les instigateurs et ceux qui les suivent sont protégés par le Système.

Un autre aspect important que MF Hirigoyen occulte c'est l'utilisation des méthodes et technologies de surveillance dans le processus de harcèlement stratégique.

MF Hirigoyen mentionne le témoignage (p. 220) d'une personne se plaignant de harcèlement jusque dans sa vie privée avec des écoutes téléphoniques. MF Hirigoyen donne pour seule explication qu'il s'agit d'une psychose, d'un délire de persécution.

Ce type de délire existe bien, cependant il ne faudrait pas l'utiliser pour masquer certaines pratiques. Ces méthodes de surveillance sont bien utilisées. En entreprise c'est assez connu, ça l'est un peu moins pour ce qui est du domaine de la vie privée.

Pourtant, il existe toutes sortes de technologies de pointe (je développerai dans un autre sujet) permettant de surveiller les personnes. Pour ce qui est des écoutes téléphoniques il suffit d'avoir les bonnes relations pour faire mettre sous écoute une personne désignée. Le fait que ce soit illégal n'est pas un frein pour les personnes ayant du pouvoir qui n'ont pour la plupart aucun sens du respect d'autrui. Leur devise pourrait être : "tout nous est permis du moment qu'on ne se fait pas prendre, que cela ne se sait pas !".

Il se trouve que même la CNIS (Commission National de Contrôle des Interceptions de Sécurité) constate sa difficulté à maîtriser la mise en place et la légalité de ces écoutes téléphoniques. Cette commission traite aussi des plaintes pour écoutes illégales. La CNIS mentionne aussi le fait que des matériels de surveillance sont fabriqués par des "sous-traitants" difficiles à contrôler. Ce que reconnaît la CNIS dans un rapport aussi officiel et consultable par tous n'est évidemment qu'une toute petite partie de l'iceberg.

D'ailleurs la plupart des gens dont le téléphone est sous écoute, ou l'a été à un moment donné, ne le sauront jamais. Par contre, dans le cadre d'un harcèlement la méthode consiste à ce que la personne s'en rende compte pour augmenter son anxiété, et retourner la situation contre elle si elle parle.

La réalité est que dans notre société n'importe qui peut être surveillé d'une manière ou d'une autre, et il est de pus en plus facile de se procurer du matériel à cet effet en cherchant un peu. La presse s'en fait d'ailleurs souvent l'écho et je suis étonnée que cela ne soit pas parvenu jusqu'aux oreilles de Madame Hirigoyen.

Mais bien évidemment dans un tel cas, si la victime se plaint, la réponse sera systématiquement le déni, et de la faire passer pour malade mentale. D'une part, cela touche à un sujet tabou, et d'autre part ce serait reconnaître toute l'illégalité de ces pratiques, exposer à des sanctions les personnes responsables et de par le fait restreindre leur pouvoir. Cela reste un secret de polichinelle.

Lire sur ce sujet :

- La synthèse sur plusieurs méthodes de surveillance : Résumé analytique "Évaluation des techniques de contrôle politique" sur le site du Parlement Européen (Europarl),

- http://www.vadeker.net/humanite/geopolitique/rapport_echelon_controle_politique.html

Des méthodes existent aussi dans le domaine des neurosciences qui permettent un contrôle mental direct sur les personnes. Voir la rubrique consacrée aux psychotechnologies. (rubrique développée ultérieurement)

Le fait de citer des témoignages très succincts empêche le lecteur de comprendre vraiment le cas exposé. L'interprétation de ce cas s'en trouve donc aléatoire, voire peut être orientée. Cela peut inciter à faire des amalgames, d'autant que Marie France Hirigoyen peut faire "autorité" au regard de sa notoriété.

Il y a dans ce livre d'autres descriptions inhérentes à la paranoïa qu'il ne faut pas prendre je pense au pied de la lettre, en voici quelques unes :

- p. 87, "le paranoïaque adresse à différents responsables des courriers immodérés accusant son persécuteur avec des mots violents soulignés ou écrits en très gros caractères" :

. Le fait d'utiliser des gros caractères et de souligner est une technique bien connue de toutes les personnes ayant eu à faire de la mise en page, et voulant attirer l'attention du lecteur sur certains faits;

. La notion de "mots violents" n'est pas définie et peut être interprétée de façon aléatoire (violents dans quelle proportion ?) ;

. Ce type de courrier peut être simplement l'expression de la douleur d'une personne qui a été humiliée et poussée à bout, et que l'on a empêchée de toute autre forme d'expression. D'ailleurs le processus de harcèlement vise aussi à pousser la victime à commettre des actes extrêmes - pour pouvoir les lui reprocher ensuite - et celui-ci n'est pas le pire.

- p. 90, "les paranoïaques, au contraire (des personnes harcelées) ne doutent pas. ils affirment et accusent" :

. Il est effectif que le doute fait partie du ressenti des personnes harcelées. Cependant, si elles ont dépassé la période de prise de conscience et qu'elles ont pu analyser la situation et la comprendre, elles peuvent arriver à un moment de leur vécu où elles ont éliminé les doutes et avoir réussi à passer d'une attitude passive à une attitude offensive ; ce que l'on ne peut que leur souhaiter. A ce stade, elles peuvent avoir repris de l'assurance et affirmer et accuser à juste titre.

- p. 91, "D'une façon générale les "fausses victimes perverses" sont nettement plus visibles et même spectaculaires que les vraies personnes harcelées car elles n'hésitent pas à faire appel aux médias":

. L'appel aux médias est parfois la seule ressource qu'il reste à une personne harcelée, notamment si elle se trouve dans le cas d'une emprise très étendue au moyen de relations de pouvoir puissantes, des acteurs pouvant être pervertis notamment dans le domaine juridique et social. Rappelons aussi le déni systématique que l'on oppose aux victimes à chaque fois qu'elles essaient de communiquer avec l'agresseur, des intermédiaires, voire avec des intervenants sensés les défendre.

p. 91/92 : "Elles ne cherchent aucunement un arrangement, car elles sont intéressées avant tout par les avantages pécuniaires qu'elles espèrent retirer de leur situation" :

. Je trouve que la formulation "avantage pécuniaire" est déjà très orientée. Parler "d'avantage" pour une personne susceptible d'avoir subi du harcèlement avec toute la souffrance que cela représentante est je pense déplacé. C'est de dédommagement pour préjudices subis et de sanction pour l'agresseur qui a bafoué les doits de l'homme dont il s'agit.

. Si dans les autres domaines d'infractions à la loi les coupables sont nommés et punis, il n'y a aucune raison pour que ceux qui sont coupables d'agression dans des affaires de harcèlement moral ne paient pas.

En France on fait plus payer un voleur, qui s'en prend à des biens matériels, qu'un agresseur qui s'en prend aux personnes.

Ces propos peuvent être trop aisément utilisés contre des victimes qui le sont réellement, même si d'autres paragraphes du livre de MF Hirigoyen expriment le contraire, et le fait est que le sujet est complexe. Si ces informations sont en quantité homéopathique par rapport à l'importance du livre, cela ne réduit pas leur impact potentiel. En effet, nous connaissons l'efficacité de la communication paradoxale, voire subliminale, et à quel point l'opinion publique peut être influencée par des informations diluées. C'est une méthode de conditionnement bien connue.

Si nous faisions une caricature suite à ces propos, nous pourrions conclure : Les victimes n'ont qu'à bien se tenir ! Elles ne doivent pas informer l'opinion publique via les médias, ne doivent pas désigner les agresseurs et leur réclamer de dédommagements ! Les agresseurs auraient tort de ne pas continuer...

Bien sur la réalité est moins tranchée. Mais ...

2 - Le Système et les méthodes de manipulation

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Copyright © Josselyne Abadie
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page créée le 23 décembre 2002 republiée le : 09 juin 2011

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